« Evariste » de François-Henri Désérable

François-Henri Désérable

François-Henri Désérable, Evariste, Gallimard, janvier 2015, 165 pages, 16€90.

Lu dans le cadre du Prix du roman des étudiants France Culture-Télérama :

Après Sabri Louatah, Florian Zeller, ou encore David Foenkinos, François-Henri Désérable fut le lauréat 2013 de la bourse Ecrivain de la Fondation Jean-Luc Lagardère, pour son projet sur Evariste Galois. Après de longs mois d’écriture, le roman est désormais en librairie depuis le début de cette rentrée littéraire de l’hiver 2015.

« Et il me plaît de croire qu’envoûté par leur beauté froide et austère, par la profondeur des théorèmes, l’élégance des démonstrations, il en fut bouleversé, submergé d’émotion. » écrit François-Henri Désérable, à propos d’Evariste.

Après un recueil de nouvelles historiques, le jeune écrivain de 27 ans nous présente la vie d’Evariste Galois, mathématicien du XIXe siècle. Fils d’Adélaïde et de Gabriel Galois, dont le « seul fait d’armes fut de trousser puis d’engrosser une femme dont la seule prouesse fut d’enfanter une tripotée de marmots parmi lesquels se trouvait un génie. », il entre au lycée Louis-le-Grand, en 1827. Il a quinze ans, et ce génie foule « pour la première fois le parvis sacré du temple solennel, dans ce royaume des mathématiques dont très vite il devint souverain. »

Après un échec à Polytechnique, il est finalement accepté à l’école préparatoire, soit l’école Normale actuelle. Il consacre tout son temps aux chiffres et aux calculs. Il fait de la recherche, et finit par rédiger un mémoire qu’il souhaite voir concourir pour le Grand Prix de mathématiques de l’Académie. Mais Fourier, l’homme à qui il a remis son manuscrit, est décédé. Evariste comprend alors que son mémoire n’a même pas concouru pour le grand prix, et qu’il est sans doute encore sur le coin du bureau de Fourier. Désillusion. Evariste ne s’avoue pas vaincu pour autant, et continue sur sa lancée.

Malheureusement, ce prodige des mathématiques ne connaîtra pas la gloire de son vivant. En 1831, Evariste commet un impair : il se mêle de politique, et entre à la Société des amis du peuple, « un agglomérat de francs-maçons, de libéraux, de saint-simoniens, de carbonari, de jacobins plus ou moins modérés, plus ou moins virulents. », et participe de ce fait aux émeutes qui se déroulent à Paris, la même année. Ce choix entraîne le début de sa chute.

Comme dans son premier recueil de nouvelles consacré à la Révolution, le jeune François-Henri Désérable étonne par son amour de l’histoire et surtout par sa connaissance, et son honnêteté : « J’ai beaucoup lu : des ouvrages scientifiques, des beaucoup moins scientifiques, de la vulgarisation. Rien n’y fait. Il me faudrait la vulgarisation de la vulgarisation pour y piger quelque chose. » Il enchante par un style remarquable, et un humour fin, d’une élégance rare. On aimerait lire ce genre de livre plus souvent. François-Henri Désérable a une belle vie littéraire devant lui.

Site des Editions Gallimard

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