« La Femme au colt 45 » de Marie Redonnet

Marie Redonnet

Marie Redonnet, La Femme au colt 45, Le Tripode, janvier 2016, 128 pages, 15€

Cette chronique a paru sur le site Nonfiction.fr : 

Après dix ans d’absence, Marie Redonnet revient en librairie avec un nouveau roman, La Femme au colt 45.

Lora Sander est actrice. Son mari, Zuka, tenait le « Magic Théâtre » et elle en était l’actrice vedette. Leur fils, quant à lui, a préféré s’engager dans l’insurrection armée. Les trois membres de cette famille sont séparés et Lora Sander ne cesse de se demander si elle les reverra un jour. Elle habite en Azirie, pays tombé aux mains d’un dictateur. Comme des centaines de personnes, elle décide de fuir et de passer de l’autre côté de la frontière, en Santarie. Lora Sander est la femme au colt 45, car elle ne se déplace jamais sans son arme.

Durant les premiers chapitres, le lecteur se demande où il va. Même si le livre est relativement court, il faut quelques chapitres avant de comprendre où Marie Redonnet veut mener son lecteur. Petit à petit, on finit par se laisser prendre par le destin de cette femme, et surtout par la deuxième lecture que son auteur veut nous donner. Ce livre pourrait n’être qu’un prétexte pour nous montrer que le monde n’est qu’une gigantesque pièce de théâtre. Lora Sander n’est pas une actrice par hasard. Son mari ne tient pas un théâtre par hasard non plus. Le roman est construit comme une pièce de théâtre, et l’histoire est une sorte de mise en abyme de cet art.

Tout au long du roman, qui pourrait très bien être adapté sur scène, on entend la voix de l’actrice, entrecoupée de didascalies nous informant du décor, des costumes, des mouvements. Ce roman n’est finalement qu’un long monologue de l’actrice Lora Sander retraçant son exil, sa passion du théâtre, son action pour survivre, les petits boulots, son attachement au colt 45 et à travers lui la peur, la volonté de se défendre, de retrouver sa famille…

La fin du roman propose d’ailleurs une mise en abyme du jeu théâtral. Le lecteur s’en doute depuis déjà quelques chapitres. Car le récit est très bien écrit, donnant à chaque page de nouveaux indices de sa construction : « Moi je pense que c’est un drame moderne. Le brouillard est tombé d’un seul coup. La barque dérive. Le courant l’emporte vers la mer. »

Marie Redonnet étonne par son audace. La Femme au colt 45 propose un joli retour de cet auteur depuis si longtemps absente du paysage littéraire. Peut-être une pièce de théâtre naîtra de ce nouveau roman…

Site des éditions Le Tripode

Site de l’Agence Anne et Arnaud 

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