Rencontre avec Patrick Eudeline

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Forum Fnac Livres / ©Myriam Thibault

Les Panthères grises, nouveau roman de Patrick Eudeline, août 2017, La Martinière, 176 pages, 17€50.

Patrick Eudeline vient de sortir un nouveau roman. Pour une fois, comme il le dit, il ne parle pas de lui. En revanche, sa nostalgie des années 60 est bien présente :

« Je pense que le monde est foutu et va à sa perte, qu’il y a eu un âge d’or dans les années 60, et que c’est fini depuis. »

Dans Les Panthères grises, il nous relate les retrouvailles d’un ancien groupe de rock des années 60. Pour l’anniversaire d’un petit fils, ils se réunissent à nouveau pour jouer ensemble. Quelques jours plus tard, ils croisent la route d’un bandit qui va leur proposer un deal. Avec sarcasme et lucidité, Patrick Eudeline nous entraîne dans le monde des années 2010, avec une bande de potes ayant la nostalgie des années 60. Les deux mondes se confrontent, le fossé se creuse. Les Panthères grises est finalement un roman éminemment nostalgique, mais qui nous parle du monde actuel : Nuit Debout, la télé-réalité, Internet… Lorsque Patrick Eudeline évoque la littérature, il nous parle d’ailleurs de l’époque comme d’un élément fondamental :

« J’aime les chansons, les livres qui parlent d’une époque. Je crois à ça. Je ne crois pas quand on dit que la poésie et l’art doivent être intemporels. Je crois que, au contraire, l’oeuvre de Zola est sublime parce qu’il a décrit la société d’une époque. C’est un maître absolu pour ça. Les romans doivent traduire le moment précis où ils sont écrits. »

Patrick Eudeline n’est pas très optimiste sur le monde qui arrive (même si ça ne l’empêche pas de vapoter une cigarette électronique avant d’aller fumer une vraie cigarette à l’extérieur). Il a peur pour le monde, mais aussi pour la culture. Le formatage s’instille dans tous les arts, de la musique, à la littérature,  en passant par le cinéma et la peinture :

« L’art qui s’en sort le mieux est le cinéma, parce qu’il y a beaucoup d’argent. Mais qu’on me cite un mec notoire depuis Jeff Koons ! »

Il regarde aussi la télévision. On retrouve d’ailleurs dans ce roman, très ancré dans notre époque, des références aux émissions de cuisine, telles que Top Chef, ou encore aux émissions de télé-réalité.

« J’ai la télé, comme tout le monde. Je regarde la télé-réalité. Et je regarde Plus belle la vie. »

Cachée derrière un autre nom, on retrouvera même au détour d’une page les péripéties de Kim Kardashian, dont il reconnaît avoir utilisé plein d’informations de l’affaire des bijoux volés. A l’écouter, on a parfois l’impression qu’il est fasciné par le monde d’aujourd’hui. Fasciné par les horreurs qu’il produit :

« Maintenant, il y a des gens qui forment et qui crèvent dans la rue. Les voitures sont laides, les gens ne savent plus se saper, il y a de la musique de merde, et plus d’artiste digne de ce nom. […] Les facteurs sociaux et culturels se sont alliés pour qu’il ne se passe rien. Avoir 20 ans aujourd’hui et avoir des rêves doit être difficile. »

En ce moment, Patrick Eudeline relit Nestor Burma, Léo Malet… Aurait-il en tête d’écrire un polar, selon lui une véritable « traduction du monde » ? En attendant, il prépare un album, ça c’est un certain. Un album de blues, et en solo, verra donc bientôt le jour !

Je remercie le Forum Fnac Livres ainsi que l’agence Anne & Arnaud, et plus particulièrement Anaïs, pour avoir organisé cette rencontre.

Et petit clin d’œil à Valérie !

Site des Editions de la Martinière

Site de l’agence Anne et Arnaud

Site du Forum Fnac Livres

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Patrick Eudeline / ©Myriam Thibault

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