« Éparse » de Lisa Balavoine

Éparse, roman hybride de Lisa Balavoine, chez JC Lattès, janvier 2018, 250 pages, 18€.

Lisa Balavoine entre en littérature avec élégance et mélancolie. Ce premier roman n’est pas vraiment un roman. Il est hybride. Éparse est un assemblage de textes séparés les uns des autres par une petite étoile. Lisa Balavoine nous parle d’elle, mais nous parle aussi de nous. Elle parlera sûrement davantage aux femmes de son âge (elle est née en 1974), qui se retrouveront d’autant plus dans certaines références. Mais Lisa Balavoine parle à toutes les femmes, car elle parle de l’amour, de son enfance, de l’adolescence, de la découverte des choses, de son rapport avec sa fille, avec sa mère, avec les hommes, avec la vie, tout simplement.

Éparse est un puzzle encore dans sa boîte. Chaque pièce est un moment de sa vie, un bout d’elle, de sa manière de voir la vie, des chansons qu’elle aime, des acteurs qu’elle aime (surtout Mathieu Amalric), des femmes qui la fascinent, des romans qu’elle aime (et qu’elle attend avec impatience comme ceux de Philippe Jaenada). Elle écrit de courts récits, des listes, des flash back, des extraits de dialogues de films, de chansons, propose des exercices de style… D’ailleurs, je ne sais pas si l’ordre choisi est volontaire, ou s’il a été construit comme ça, au fil de la plume, mais j’oserai presque dire que nous pourrions lire ce livre en piochant à chaque page un nouveau bout de vie. J’ai adoré ce texte. Lisa Balavoine est touchante, émouvante. Son livre m’a fait penser aux Années d’Annie Ernaux, un livre marquant et fondateur. Un livre qu’on n’oublie pas. Et Éparse fera partie de ces livres que je n’oublierai pas.

Quelques extraits :

« Je peux passer des heures dans un bain. C’est une des raisons pour lesquelles voter vert me semble assez peu crédible. »

« Petite, j’aimais raconter que Daniel Balavoine était mon oncle. Cela me valait un certain succès dans la cour de récréation, sauf les jours où à la cantine on faisait opération bol de riz par solidarité avec l’Ethiopie. »

« Je ne m’explique pas pourquoi, lors d’une séance d’épilation où je me retrouve à poil et les jambes écartées, je me sens toujours obligée de parler patrimoine local et développement urbain avec l’esthéticienne. »

« Je me demande pourquoi les magazines féminins s’acharnent à nous convaincre que nous n’allons pas bien. »

Site des éditions JC Lattès

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