« Elsa mon amour » de Simonetta Greggio

Simonetta Greggio, Elsa mon amour, 22 août 2018, Flammarion, 239 pages, 19€.

Simonetta Greggio est italienne, et place souvent l’Italie au cœur de ses romans. Son dernier, Elsa mon amour, romance la vie de l’écrivain italienne Elsa Morante. Elle nous entraîne dans l’intimité de son couple avec l’écrivain Alberto Moravia, dans les coulisses de leur écriture, de ses doutes par rapport à lui, mais aussi de sa conscience d’être plus talentueuse. A travers des citations issues de l’œuvre de l’écrivain italienne, on entre dans le couple et la subtilité de son écriture. On entre dans ses pensées de femme libre, déterminée à vivre de sa plume, qui a subit un avortement, la fuite pendant la guerre, car Moravia était juif, mais qui nous raconte aussi la vie tout simplement. Parce qu’Elsa Morante a vécu un parcours étonnant, de ces vies d’artiste qui bousculent la normalité et le quotidien monotone.

Ce roman est aussi l’occasion de croiser d’autres grands noms de la littérature et du cinéma. Au détour des pages, on croise aussi Pasolini ou Rossellini. Simonetta Greggio nous raconte cette période italienne fascinante avec beaucoup de tendresse et de poésie. Un roman comme histoire d’une vie, qui donne envie de se plonger (ou se replonger) dans les œuvres d’Elsa Morante et d’Alberto Moravia. Une fresque italienne belle et élégante pour ma première lecture de cette rentrée littéraire !

Extrait sur l’écriture :

Quand j’écris, qui écrit ? Certes, il y a le travail de mise en place, de structure, de correction. Ça, c’est le métier. Mais lorsque je deviens un instrument, un outil de retranscription, quand je suis immergée dans une sorte de dictée hypnotique, d’où vient ma parole ? Créer n’est peut-être rien d’autre qu’un souvenir. Seul s’effacer permet d’écouter la voix. Peut-être, je dis bien peut-être, il n’y a qu’à Proust que je pardonne quelques minauderies. Pour ma part, jamais je n’ai publié un livre qui n’ait eu pour but d’interroger mes lecteurs au plus profond de leur humanité. Mais je m’exprime mal : ce que je voulais, vraiment, c’était changer le monde.

Site des éditions Flammarion

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